UTILISATION DES ACCESSOIRES DANS LE YOGA

dimanche 17 mai 2020, par Catherine DOUAT

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UTILISATION D’ACCESSOIRES DANS LE YOGA

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UTILISATION D’ACCESSOIRES DANS LE YOGA

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DE DOMINIQUE MARTIN


UTILISATION DES ACCESSOIRES DANS LE YOGA


L’utilisation
des accessoires
en Yoga
LES ACCESSOIRES couramment utilisés
en Yoga sont les tapis antidérapants, les
couvertures, les blocs, les bolsters, les
sangles, les baleineaux et les chaises.
Pour comprendre l’intérêt des accessoires
dans la pratique du Yoga, il convient
d’évoquer le processus en amont qui amène
à leur utilisation.
Dès l’enfance, la position assise occupe la
majeure partie de nos journées. Assis à
l’école, à la fac, au bureau, aux repas, aux
toilettes, à la télévision etc. En position
debout on ne cesse de se pencher, de faire
des efforts courbés, les épaules enroulées, les
mains dans des positions répétitives. Nous
utilisons nos leviers et joints articulaires
d’une manière partielle, restrictive et
beaucoup d’activités sportives dans un esprit
de compétition chez les jeunes, ne font
qu’aggraver les schémas de fonctionnement.
Nous utilisons notre corps pour nos activités
socio-professionnelles et nos loisirs dans un
rythme effréné. Nous avons une majorité de
gestes stéréotypés, asymétriques liés à notre
latéralité et à notre cadre de vie. Certaines
parties de notre corps échappent à notre
conscience, c’est particulièrement vrai pour
le dos puisqu’on ne le voit pas. Nous
utilisons les gestes dont nous avons besoin et
notre image de nous-même se réduit. Nous
ne prenons pas le temps de rééquilibrer les
articulations du squelette et de soulager les
tensions musculaires accumulées.
Nous pensons plutôt sport que soin physique
comme le Yoga peut l’être. Prendre soin de
notre assemblage ostéo-articulaire, de notre
proprioception statique, de son image de soi
est aussi important que les soins dentaires et
d’hygiène corporelle. Si nous faisons la
somme de tous les mouvements articulaires
physiologiques, le corps humain a des
possibilités de mobilité immenses qui
peuvent lui permettre un confort de vie
extraordinaire. Et nous passons à côté de
cela.
Donc au fil du temps, le système musculosquelettique se rouille, s’use prématurément.
Les raideurs s’installent, suivies des
limitations et des déformations.
Les mouvements ordinaires demandent des
efforts, nous pèsent, nous épuisent
rapidement tant physiquement que
psychologiquement. Cette évolution
sournoise rend notre vieillissement très
inconfortable et fait le lit de nombreuses
maladies.
Beaucoup de personnes souffrant de mal-être
viennent alors au Yoga pour trouver la
solution. Or les postures abouties présentées
dans les cours font appel à une élasticité des
tissus mous remarquable et à une grande
capacité de mouvements articulaires
physiologiques, parce que dans l’idéal le
Yoga c’est la liberté corporelle fonctionnelle
totale.
Tout le monde doit pouvoir pratiquer le
Yoga, mais tenir une posture stable,
immobile un certain temps, avec retrait des
sens, nécessite un long apprentissage.
L’écart entre nos possibilités du moment
dans certaines poses et ce que le Yoga nous
propose de faire peut être immense. Il
convient de toujours encourager les
pratiquants, la route est longue, sinueuse.
L’utilisation des accessoires en Yoga – Dominique Martin © 05/2020 2/4
Pour atteindre le but recherché, il nous faut
répéter, répéter, répéter longuement dans des
poses intermédiaires aménagées. Et c’est là
que les accessoires prennent tout leur sens.
Au début certaines postures inaccessibles,
doivent être abordées grâce à l’aide
d’accessoires. Pour comprendre leur intérêt,
nous allons examiner deux postures avec
accessoires :
1) Supta
Padangustahasana
(vous trouverez le descriptif de cette Asana :
http://www.sergegastineau.com/dominique-martin)
Le but de la posture est d’étirer, voire gagner
en élasticité des muscles postérieurs du
membre inférieur droit. Vous pouvez
constater l’emploi de trois accessoires : un
bloc mousse (30 x 20 x 4 cm) au creux
lombaire et deux sangles.
La sangle au pied droit fléchit la hanche et
permet au sujet d’étendre le genou. Le degré
de flexion de la hanche en association avec
l’extension du genou dépend des capacités
de chacun. D’où la nécessité dans les cours
de bien faire comprendre aux élèves que
chacun a ses limites.
Notre sujet, ici, a déjà une bonne pratique
puisque la flexion de hanche atteint 90° avec
un alignement fémur-tibia autour de 170°.
La flexion de la hanche avec l’extension du
genou sont plus limitées chez les débutants
et les sportifs.
Dans l’exécution de cette Asana, c’est le
principe d’action-réaction de la troisième loi
de Newton. Cette double action-réaction tend
à renforcer le quadriceps et étirer les ischiojambiers, ce qui est très positif.
Lors de la recherche d’amélioration du degré
de flexion de hanche et d’extension du
genou, deux compensations vont
spontanément se mettre en place par réflexe
myotatique de défense. C’est le roulement en
arrière du bassin ou rétroversion et la bascule
latérale.
Ces deux inconvénients sont limités par :
1) le bloc sous les lombaires. Quand
les ischio-jambiers sont étirés au maximum,
l’iliaque droit renverse le bassin en arrière et
c’est les disques intervertébraux L5/S1 puis
L4/L5 qui vont être sollicitées, cisaillés.
2) La sangle entre le pied gauche et
le pli de l’aine droit. Cette sangle doit être
bien tendue pour éviter la bascule latérale du
bassin donc son élévation vers l’épaule
droite.
Résultat
Dans ces conditions, la posture sera d’une
grande efficacité. Pourquoi ?
La présence des accessoires permet de
localiser le travail à l’endroit-clé voulu, les
corps musculaires.
En centrant l’action, on peut spécifiquement
agir sur les récepteurs sensoriels musculaires
activés en neutralisant mentalement l’aspect
douloureux.
L’utilisation des accessoires en Yoga – Dominique Martin © 05/2020 3/4
Ces accessoires aident à ajuster la position, à
respecter une direction et à protéger le bas du
dos, c’est sécuritaire.
On évite d’introduire la participation
d’autres niveaux qui, si c’était le cas,
réduiraient d’autant l’impact sur l’organe
concerné.
Cette installation peut paraître fastidieuse. Il
n’en n’est rien, avec un peu de répétition,
cela se met rapidement en place.
Cette façon de faire stimule la prise en
compte du schéma corporel, donne du sens et
une perspective.
L’emploi des accessoires est une source de
motivation et d’implication pour progresser
par prise de conscience et développement de
la concentration.
2) Asana dorsale
avec une brique et des
blocs
Nous avons choisi cette pose
« 2969 » (vue à Paris en Masterclass
dorsales) centrée sur le sommet de
flexion de la courbure dorsale
physiologique.
Mais le niveau à traiter peut aussi bien se
situer dans la zone dorsale supérieure ou
inférieure. Il s’agira d’ajuster les accessoires.
L’emploi du baleineau répond aussi
parfaitement à cette pratique.
L’objectif a minima consiste à entretenir
l’extension dorsale physiologique et la
souplesse de la cage thoracique. On peut
envisager de corriger un segment en cours de
déformation ou éviter un tassement futur
(Les mamans qui allaitent devraient
s’imposer cette posture quotidiennement ou
faire du baleineau).
Sur cette photo, des blocs ont été placés sous
la tête et le bassin en nombre suffisant de
manière à ce que le sujet au départ se sente à
son aise pour accepter en confiance la
contrainte.
Les apophyses épineuses des 6ème, 7ème et
8ème vertèbres dorsales reposent sur la brique
verticale. Les épaules sont bien dégagées de
chaque côté du gril costal et la nuque étirée.
La respiration se focalise sur la dilatation de
la cage thoracique à l’inspiration.
On commencera par enlever un bloc sous le
bassin puis sous la tête etc. Ce retrait s’opère
très lentement pour sécuriser le sujet, lui
permettre de s’associer pleinement aux effets
recherchés et garantir une efficacité en
profondeur.
Résultat
La contrainte de la brique est de nature à :
redresser la courbe dorsale,
ouvrir la concavité de la voûte,
desserrer les joints costo-vertébraux,
redresser les côtes,
élever le thorax,
donner de l’espace intérieur,
parfaire l’élasticité de l’aorte.
Blocs, bolster, baleineau offrent aussi ces
possibilités.
Dans notre mode de vie occidental, nous
n’utilisons que partiellement nos capacités
L’utilisation des accessoires en Yoga – Dominique Martin © 05/2020 4/4
physiques, nous sommes très vite atteints de
limitations.
Les accessoires :
servent à porter l’efficacité là où
c’est nécessaire, nous facilitent une
progression dans la posture grâce aux
conditions respectant la physiologie des
mouvements, aident à garantir et approfondir
la qualité d’exécution de la posture. Ils nous
guident pas à pas vers l’autonomie, enfin ils
nous soutiennent dans ce voyage intérieur de
découverte de la complexité des postures.
On peut progresser sans danger, avancer
dans une pratique juste, rassurante, éducative
où l’objectif n’est pas la performance mais la
découverte, l’aptitude à sentir pour une
meilleure connaissance de soi.
Dans l’idéal, le Yoga ne demande aucun
accessoire. Cela sous-entend que la nature
vous a attribué un corps parfait, cela sousentend une liberté corporelle fonctionnelle
totale, cela sous-entend que vous avez grandi
dans un environnement et des conditions
privilégiés.
Cela fait beaucoup.

Dominique Martin © 05/2020