Mémoire sur Le Yoga, le émotions et l’Ayurvéda



Le Yoga, les émotions et l'Ayurvéda à Angers

Article écrit par Catherine Douat , professeur de Yoga sur Angers (Hatha Yoga, Viniyoga,Vinyasa Yoga, Hormone Yoga Thérapie) diplômée en yoga et ayurvéda.

Extrait du mémoire de fin d'étude de Catherine Douat, formation de professeur de yoga Yogamrita écrit et publié le 22 août 2020.

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Préambule :

Je présenterai dans ce mémoire mon expérience personnelle et celles des élèves qui ont bien voulu adhérer aux propositions que je leur ai faites dans le cadre d’un suivi sur les émotions ressenties avec le yoga et l’ayurvéda.

27 élèves ont accepté de participer à cette étude. Sur les 27 élèves onze ont renoncé en cours d’année à continuer le suivi ayurvédique sur les émotions, sept sont allés jusqu’à installer une pratique régulière de yoga dans leur vie de tous les jours qui a changé leur ressenti. Le suivi ayurvédique a été mis en place d’août 2018 à juin 2019. Les pratiques de yoga ont été proposées de mai 2019 à fin décembre 2019. Certains élèves ont tenu très sérieusement un journal de leurs émotions et en lien avec leur alimentation avant et après les modifications ayurvédiques puis avant et après chaque pratique de yoga mise en place pendant cette période concernée par l’étude soit pendant un an et demi. D’autres participants l’ont rempli pendant 3 semaines avant chaque rendez-vous. D’autres n’y sont pas du tout parvenus ou n’ont pas su déterminer quelles étaient leurs émotions.

« Étymologiquement, ce mot émotion vient du latin motio qui veut dire ‘’ mouvement’’. Le préfixe ‘’e’’ qui, comme ‘’ex’’, veut dire ‘’hors de’’, indique que l’émotion est un mouvement vers l’extérieur. Le dictionnaire Larousse la définit comme un « trouble subit, agitation passagère causés par un sentiment vif de peur, de surprise, de joie » ou bien « réaction affective transitoire d’assez grande intensité, habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement. ». Wikipédia ajoute qu’ « elle inclut chez les humains un comportement physiologique, des comportements expressifs et une conscience ». Article du 2 mai 2015, journal de l’Institut français de yoga (IFY), Marina Margherita formatrice de l’IFY.

L’ayurvéda est la science de la vie ; le yoga est l’union du souffle, du corps et de notre lumière intérieure. Il n’y a pas de vie sans émotion… Les yoga-sutra parlent des klesha, les afflictions, la peur, le rejet, l’attachement, l’égo et l’ignorance. Les yoga-sutra nous conseillent de les atténuer pour trouver l’état de yoga. Cet état de yoga induit un état méditatif de paix intérieure dans lequel règne l’équanimité qui est l’apothéose des 8 étapes du yoga (le Samadhi de l’Ashtanga Yoga, les huit membres du yoga, des Yoga-Sutra de Patanjali). Tout le travail du yoga tend à nous amener vers ce calme émotionnel. La tradition indienne distingue 9 états émotionnels, 9 Rasas (goût ou parfum d’ambiance émotionnel), l’amour, la joie, l’émerveillement, la tristesse, la peur, la colère, le dégoût, le calme, le courage. Le calme n’a pas toujours fait partie des 9 rasa, car il est un état où les émotions ont disparu. C’est un peu comme le calme plat d’une mer qui a oublié ses tempêtes d’hier. La vie est mouvement, dès que nous nous figeons dans un état sans mouvement nous sommes dans le tamas (l’obscurité, l’inerte, le passif) nous sommes près de la mort, un peu comme ce dieu Sumérien Tammuz qui devait mourir tous les 6 mois pour permettre à la végétation de renaître pour la saison prochaine. La vie est cyclique. Les émotions aussi. L’expérience montre que la pratique du yoga a un impact puissant sur nos états émotionnels. Notre alimentation, notre hygiène de vie et notre mode de vie d’une façon plus générale ont un aussi un impact sur nos états émotionnels.

L’équilibre alimentaire modifie la chimie du corps. Le mot Rasa peut dire parfum, émotion, saveur, ce qui laisse entendre le lien intime entre le goût des aliments et la saveur des émotions, le langage le révèle constamment, ne dit-on pas je suis amer, pour dire qu’on est déçu par la vie ou les circonstances, ou une personne ; l’amertume est à la parfois un goût et une émotion. La médecine chinoise permet de le comprendre en établissant un lien entre les organes et les émotions. On retrouve cette même logique dans l’ayurvéda. Le foie est la vésicule biliaire sont liés à l’amertume. C’est une logique que nous avions autrefois dans les pays occidentaux et qui a disparue avec les sorcières qu’on a brûlées au moyen-âge…

Même la médecine allopathique occidentale suit cette logique sans le savoir, elle donne des médicaments aux personnes atteintes de troubles psychiques. Le principe de cette médecine est de changer l’équilibre chimique du corps pour modifier le fonctionnement des cellules nerveuses du cerveau et ainsi modifier les états émotionnels. Par exemple on prend des anxiolytiques pour calmer les angoisses liées à la peur. En fait, cela ralentit le fonctionnement des cellules nerveuses et induit un effet relaxant. On prend des antidépresseurs pour calmer les crises de tristesse ou de dégoût et on donne des médicaments aux personnes atteintes de psychose pour leur redonner leur lucidité.

L’alimentation et le style de vie induisent une chimie du corps et ceci modifie le climat émotionnel dans lequel nous vivons. 

I Comment les émotions influencent nos vies 

A) Ce que constatent les scientifiques

Les émotions sont utiles et même nécessaires à la vie, à la survie de l’être humain. Lorsque le tigre se présente devant nous, si la peur n’apparaît pas, nous n’allons pas vivre longtemps… La peur est utile à la survie, elle induit une réaction de fuite ou de combat qui permet de nous maintenir en vie ; grâce à l’émotions nous adaptons notre comportement à la réalité de la vie. Une émotion devient problématique lorsqu’elle n’est plus adaptée à la situation. Cela peut découler des expériences courantes de la vie ou de traumatismes vécus dans l’enfance ou plus tard ou tout simplement d’une hypersensibilité naturelle. Ainsi, une personne émotive peut être tétanisée par une émotion et devenir incapable de poser la moindre action alors que ce serait nécessaire. Autre cas, une personne qui a perdu le contrôle de sa voiture en glissant hors de la route dans un virage en épingle à cheveux, qui n’arrive plus à prendre un seul virage sans avoir la peur au ventre. Pareillement, certains anciens combattants du Vietnam, après avoir vu sauter leurs compagnons sur une mine, ont l’impression que le simple fait d’appuyer sur un interrupteur, pour allumer la lumière, va déclencher une violente explosion.

« Parfois, la colère est sourde et ne peut s’extérioriser. Vous êtes face à une personne qui a plus d’autorité que vous, elle est votre supérieur hiérarchique, par exemple, et l’injustice dont vous avez été témoin, même si elle génère une colère en vous, ne peut s’exprimer. Au fil du temps, la colère se développe en vous sans jamais pouvoir remplir son rôle. Vous rongez votre frein et vous êtes dans un état permanent de « colère rentrée ». Celle-ci explosera tôt ou tard, dans n’importe quelle situation que vous saurez être moins dangereuse pour vous. Et sans que personne ne comprenne pourquoi. On dira que vous êtes irritable, que vous vous emportez sans raison. Dans ce cas, la colère aura été pour vous un exutoire… La colère… permet de s’imposer, préparer au combat, verbal ou physique. Chacune de ces réactions est potentiellement bonne selon la situation à laquelle nous avons affaire.», Dr Lionel Coudron, « Le Yoga Bien Vivre ses émotions »

Il y a des muscles émotionnels. Les émotions qui nous traversent entraînent différentes contractions musculaires. « Il existe des contractions musculaires corporelles qui ont pour mission de préparer la réaction musculaire. Les fessiers, en cas de peur ; les épaules, le ventre ; souvent le muscle pyramidal, muscle localisé dans la région du bassin, se contracte, entraînant à la longue des douleurs type sciatique ; le psoas iliaque, qui relie le bas du dos au bassin et au fémur, peut être le siège de nombreuses douleurs ; les trapèzes, qui sont toujours contractés en cas de stress. », Dr Lionel Coudron, « Le Yoga Bien Vivre ses émotions ».

« Les émotions permettent de communiquer, de nous adapter et, pour cela, génèrent des comportements automatiques. Il existe donc une relation étroite entre le corps et l’esprit. L’ensemble du système cognitif va également être accéléré. Les pensées vont surgir de façon automatique pour faciliter la recherche d’une solution. Le cortex, par les informations qu’il reçoit, influence lui aussi l’émotion en la colorant de façon plus ou moins intense. Cette coloration pour le néocortex est le fruit de l’interprétation et travaille de concert avec le thalamus et le système limbique, réserve de souvenirs. » Dr Lionel Coudron, « Le Yoga Bien Vivre ses émotions ».

« La grande majorité des troubles ORL en hiver survienne deux ou trois jours après une dispute au sein du couple. » Dr Lionel Coudron, « Le Yoga Bien Vivre ses émotions ».

Le système immunitaire est sensible aux émotions.

B) Ce que disent les Yoga-Sutra de Patanjali, un nouvel angle de vue avec l’éclairage du yoga sur le fonctionnement du psychisme

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a) Ce que disent les Yoga Sutra de Patanjali

« Dans le Yoga-sutra on ne nomme pas spécifiquement les émotions, mais on fait référence aux facteurs qui peuvent les déclencher. En les appelant klesha, sources de souffrance, ce texte met l’accent sur leur aspect perturbateur dans le fonctionnement de l’esprit.

Ce sont avidya, la méconnaissance, asmita, l’égo, raga, l’attirance, dvesha, la répulsion, abhinivesha, la peur. Doit-on les voir exclusivement comme des sources de souffrance ? En réalité ce sont des modes de fonctionnements instinctifs de l’esprit inscrits profondément dans chaque individu par le désir de vivre et de se perpétuer. La peur est nécessaire à la survie, tout comme l’attirance est à l’origine de l’amour, le refus de répéter des expériences désagréables est protecteur et nous avons besoin de la structure de l’ego pour fonctionner. Ce sont certes des obstacles à la libération de l’esprit dans la mesure où chaque klesha est une forme de méconnaissance (avidya) de la réalité qui nous coupe de nous-mêmes et du mouvement de la vie : l’ego peut être une vision fausse ou figée de soi, la peur peut surgir de façon injustifiée, et l’attirance comme la répulsion peuvent nous aveugler. Mais c’est aussi par une expérience de peur qu’on prend conscience de la peur, par l’attachement de l’attachement…… Ainsi, au cœur d’une expérience, une émotion née d’un klesha, par son caractère subit, intense et donc perturbant peut illuminer, tel un éclair dans un ciel sombre, un état d’âme caché voire méconnu qui nous relie au plus profond de nous-mêmes.

Le tout c’est de ne pas en avoir peur, ce qui nous amènerait à l’ignorer, la fuir ou la suffoquer, au nom d’un d’apaisement de l’esprit qui nous replongerait dans la méconnaissance.» Article du 2 mai 2015, journal de l’IFY, Marina Margherita formatrice au sein de l’IFY.

Selon les Yoga-Sutra et le Samkhya, nous sommes tous aveuglés par des vasanas (parfums ou souvenirs d’ancien karma lointain) ou des samskara (les traces laissées par les expériences de cette vie) qui colorent notre mental et troublent notre lucidité. Le Purusha, notre lumière intérieure, peut voir la réalité de ce monde, mais au travers du filtre du mental. Or le mental est comme le décrivait Sivananda et Krishnamacharya, un grand lac rempli d’eau qui se colore à chaque réveil des klesha, ces derniers étant des volcans endormis prêts à s’éveiller et à entrer en éruption, à faire jaillir des émotions qui viennent troubler la surface de l’eau et rendre impossible une vision claire de la réalité. Cette vision des Yoga-Sutra, quand elle est pleinement comprise, aide à rester neutre car il devient évident à chaque instant que nous sommes tous prisonniers de nos émotions et que personne ne peut prétendre à détenir l’objectivité. Lorsqu’un travail a été fait pour reconnaître et libérer nos émotions, elles peuvent alors commencer à s’atténuer, perdre de leur vigueur et parfois disparaître ou juste rester au fond du paysage mental sans troubler l’esprit, la boddhi, l’intellect qui discrimine et analyse les choses, peut alors faire son travail et éclairer nos lanternes. Par ailleurs, l’ignorance c’est confondre le réel avec l’irréel. (Yoga-Sutra) Ainsi l’ignorance c’est ne pas connaître le mode de fonctionnement du mental. Pour illustration, l’histoire de la corde est intéressante. Le mental voit la corde et il analyse, en comparant à ce qu’il a dans sa mémoire (ses vasana ou samskara), si ces expériences sont teintées par des émotions qui n’ont plus lieu d’être, et peuvent alors donner une mauvaise appréciation de la réalité ; la boddhi peut à ce moment-là se tromper et confondre la corde avec un serpent. Mais, en apprenant à se connaître, en nous observant continuellement, grâce à l’étude de soi par celle des textes (sacrés ou non, c'est-à-dire tout écrit qui nous révèle quelque chose sur nous-même) et en pratiquant le yoga ou la méditation, nous parviendrons à savoir discriminer et analyser ce que nous voyons pour, au final, réussir à bien distinguer la corde du serpent.

 b)   Un nouvel angle de vue sur le fonctionnement du psychisme avec le yoga

Le yoga nous permet de comprendre comment opère notre mental pour nous emmener si loin de notre but. Le schéma explicatif du purusha nous est enseigné par Krishnamarachya. Il s’agit de notre lumière intérieure, notre être intérieur, notre âme, notre conscience, ce qui fait de nous qui nous sommes réellement, notre vraie nature. Ce qui est parfois nommé le ‘’Soi’’, est comme l’âme du monde : un espace ouvert au fond de notre cœur qui nous relie aux autres, à la nature, au monde et à l’univers tout entier. Ce purusha voit le monde par le filtre du mental qui sert de lentille pour voir la prakritti, la réalité matérielle de l’univers et des objets qui le composent. L’une des définitions du yoga énonce qu’il s’agit d’une indicible expérience, qu’aucun mot ne peut traduire. Dès que le méditant veut décrire ce qu’il a vécu avec des mots, il perd immédiatement l’état de plénitude dans lequel il était plongé… Le yoga c’est aussi « la cessation des activités du mental », ( Yoga-Sutra, chapitre I - sutra 2) ; plus précisément la cessation des tourbillons du mental. Ces derniers représentent les pensées et les émotions. Lorsque ce tourbillon s’apaise et que notre lac intérieur est à nouveau plat, alors d’une part, le purusha visualise, au travers de la lentille du mental, la réalité telle qu’elle est, et d’autre part, sa lumière peut se refléter à la surface du mental, l’éclairer et ainsi lui offrir des capacités de discrimination et l’intuition nécessaire pour comprendre cette réalité, telle qu’elle est.

C) La vision de l’Ayurvéda

Chaque personne a une nature unique. Nous avons tous des natures différentes et des paysages émotionnels différents. D’après l’Ayurvéda, il existe plusieurs types de constitutions. Certains sont Vata, composés d’air et d’éther, leurs émotions sont plus versatiles, elles changent souvent, comme l’air et le vent, elles changent constamment, et lorsque la vie vient ajouter encore du Vata au point de tomber dans l’excès de Vata, les émotions deviennent extrêmes.

L’émotion dominante du Vata est le calme ou la peur.

D’autres personnes sont plus stables dans leurs émotions comme les constitutions Kapha faites d’Eau et de Terre. Là aussi la vie peut avoir rendu encore plus Kapha ce qui était déjà Kapha. Ceci induit de l’inertie et peut-être de la Tristesse, du dégoût ou de la déprime…

L’émotions dominante du Kapha est l’amour ou (ou et) la tristesse ou(ou et) le courage.

D’autres personnes sont plus impulsives et plus énergiques, ce sont des Pitta constitution de feu et d’eau. La vie peut charger de feu ces constitutions et induire des émotions de colère, d’irritation ou d’impatience… L’émotion dominantes du Pitta est la joie ou la colère ou alternativement les deux.

Doshas dominant et Rasas

KAPHA      PITTA                             VATA
AMOUR      JOIE                              CALME
COURAGE   EMERVEILLEMENT      PEUR
TRISTESSE DEGOUT          COLERE     

Tableau tiré du livre « The Yoga of the Nine Emotions » Peter Marchand, basé sur les enseignements de Harish Johari

Tous les types de constitution peuvent exister. Kapha-Vata ou Pitta-Vata ou Vata-Pitta-Kapha ou Kapha-Pitta, et dans chaque formule de constitution les éléments peuvent varier. Un Kapha peut être avec autant d’Eau que de Terre ou plus de Terre que d’Eau… A l’intérieur de chaque élément entrent des subtilités particulières qui sont propres à chacun.

 Chaque être est une combinaison de ces trois dosha mais dans des proportions différentes, car chaque personne est unique et c’est ce qui fait la valeur de chacun !

Pour l’ayurvéda, une émotion doit être accueillie et vécue pleinement. Toute émotion bloquée, refoulée en langage psychanalytique, est cause de souffrance psychologique, voire de maladie.

L’émotion au même titre que la nourriture physique vient pacifier ou aggraver un ou plusieurs dosha.

Nous allons parler plus précisément du détail de ce lien intime entre le Rasa (l’émotions) et les éléments qui nous constituent…

L’émotion vient détruire l’équilibre en place et en installer un autre.

L’équilibre ou le déséquilibre de nos rasa actuels vient induire certaines émotions plutôt que d’autres.

D ) Conclusion : 

Il est intéressant de s’appuyer sur le yoga et l’ayurvéda pour observer les besoins de chaque constitution, pour mieux rééquilibrer les dosha et donner plus d’harmonie au psychisme, aux émotions en installant un cadre pacifiant, qui respecte la nature de chaque personne et vient pacifier les excès. 

Il ne faut pas négliger le travail sur soi. Avec une pratique de yoga, de méditation ou de chant védique on peut modifier cet équilibre et rééquilibrer les dosha, aplanir la surface de l’eau, clarifier le mental…

Avec du travail un Pitta peut prendre l’apparence d’un Kapha…

II En quoi les émotions peuvent être source de souffrance

Les émotions peuvent être inadaptées aux situations et engendrer des souffrances qui inhibent le bon fonctionnement du mental. Les ressentis de peur, de tristesse, de dégoût, de ressassement, de colère, sont des sentiments qui font souffrir. La peur paralyse, proscrit la prise d’initiatives liées à ce que nous aimerions faire et souvent nous empêche d’être nous-mêmes. La tristesse est accouplée à un manque d’énergie, sans laquelle l’action n’est plus possible ; le sujet tombe dans l’abattement, la déprime, il perd la foi, se déprécie et ne peut plus rebondir pour changer la situation ; c’est là une grande source de souffrance.

Les ressassements, ce sont les pensées qui tournent en rond. Parfois c’est une obsession, parfois plusieurs, qui ont raison de l’instant présent et empêchent de goûter aux choses simples de la vie et même de saisir les occasions de vivre autre chose, différemment.

La colère est comme un incendie qui brûle tout sur son passage, les autres tout comme la personne qui vit cette émotion. Elle balaie tout, même ce qui est le plus cher à la personne qui la ressent. Elle est le grand coup de pied que l’enfant donne au château de sable qu’il vient de construire…

La tristesse suit souvent la colère, car la personne comprend que ce n’était pas un comportement adéquat…

Quand les émotions s’enchaînent ainsi, les unes après les autres, vu de loin cela ressemble à une comédie, mais c’est pourtant le drame de l’être humain de ne pas voir les différents masques qui se posent sur son visage.

A contrario, le calme est l’absence de masque ; la paix intérieure de l’état d’éveil.

III Comment le Yoga nous aide à apaiser les émotions

Prendre conscience du déroulement de ses émotions

A ) Prendre conscience du déroulement de ses émotions

comme la pratique du yoga permet de le faire, de les identifier, d’en connaître le processus d’enchaînement. Par exemple, je ressens un sentiment d’injustice, qui produit de la colère, laquelle me rend triste, et je suis au final, dépitée… Nous subissons, chacun, des enchaînements de suite d’émotions qui nous sont propres.

B ) Apaiser ses émotions négatives

car  le yoga, comme l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing, psychothérapie pendant lesquelles le patient évoque son ressenti tout en mettant en mouvement ses yeux de gauche à droite et de droite à gauche) possède des vertus apaisantes grâce au contrôle respiratoire, à la prise de postures en harmonie avec le souffle et aux objets de concentration sur des pensées positives.

C ) Pratiquer de façon répétée la concentration sur un objet

en laissant passer ses émotions et ses désirs. C’est ce que désigne le procédé du dharana qui mène à l’état de méditation.

D ) Élargir le champ de conscience

afin de nous ouvrir au monde et aux autres que nous pouvons enfin écouter.

E ) Aider à manifester de l’empathie envers les autres et à mieux les comprendre

Une fois la distance prise face à nos propres émotions, il devient possible de visualiser celles des autres et leur déroulement ; ce qui nous conduit à les aider. Cela rejoint étroitement la notion d’inter-être du bouddhisme tout comme la conception hindouiste de Brahman. La conscience d’être reliés les uns aux autres et d’appartenir au même univers, à l’âme du monde, à la même nature.

F ) Agir par le souffle et les postures

pour vivre l’état yoga comme une méditation induite par la respiration synchronisée aux gestes accomplis. Le pranayama est l’outil par excellence de nettoyage du mental et de remise à zéro de notre état émotionnel. Les mudra, les mantras, le chant védique et la pratique des postures sous le contrôle respiratoire, les drishti ou bhavana sont des supports de méditation que propose le yoga.  Ces pratiques mettent en lumière les pensées automatiques, les habitudes de vie, la logique de la chaine émotionnelle habituelle qui suit toujours le même schéma du mental, particulier à chaque individu. D’une personne à l’autre ces modèles ne sont effectivement pas les mêmes. L’approche individuelle va donc aider à adapter la pratique à chaque personne.

G ) Utiliser les techniques du yoga

car le souffle modifie les émotions. C’est ce qu’a démontré le Dr Servan-Schreiber avec la cohérence cardiaque, méthode directement inspirée de la respiration alternée du pranayama (dynamique du souffle qui consiste à inspirer en 5 secondes et à expirer en 5 seconde pendant 5 à 10 minute pour laquelle il a démontré scientifiquement son efficacité avec des expériences sur ses patients). D’autres pratiques du yoga sont tout aussi efficaces, comme, par exemple, compter les temps respiratoires au cours de chaque phase respiratoire.

Voici quelques rythmes apaisants :

•         Samavritti de Krishnamacharya, tradition Desikachar (fils du précédent) où, sama signifie ‘’même’’ et vritti ‘’mouvement’’, à savoir, qu’il faut respecter des temps égaux dans chaque phase respiratoire.

Exemple : IN (inspiration) 4 - PP (poumons pleins) 4 - EX (expiration) 4 - PV (poumons vides) 4

•          La méthode

De la cohérence cardiaque : IN 5 - EX 5

•         Autre méthode, plus efficace encore, dans laquelle l’expiration égale le double de l’inspiration.

Exemple : IN 4 - EX 8

•         Enfin, l’anuloma viloma DE Desikachar, appelé Nadi Shodana par Sivanvananda qui représente une respiration avec un rythme particulièrement exigent à l’inspiration, au poumon plein et à l’expiration.

Exemple : IN 4 - PP 16 - EX 8

                        •          Ou la respiration avec des kramas, paliers respiratoires.

H ) Profiter des effets énergétiques du yoga

langhana et brimhana des postures et du souffle, en action sur les émotions. En effet, certaines pratiques de yoga ont pour ambition, l’élimination (langhana) des pensées et des émotions négatives. D’autres ont pour but de fortifier (brimhana) des pensées et des émotions positives. C’est en ce sens que Krishnamacharya et Desikachar distinguaient les effets des pratiques yogiques sur le plan ayurvédique.

Les torsions sont connues pour éliminer les émotions négatives, elles ont un effet langhana sur le mental. Les organes chargés des émotions se nettoient, s’essorent, se vidangent de toutes les énergies négatives qu’ils contiennent. En effet, le souffle circule et tout ce qui est apana peut être éliminé à l’expiration, et de surcroît, les torsions ont pour effet à la longue de faciliter et d’allonger les expirations. Elles préparent ainsi, un effet brimhana sur le mental. Une fois le corps devenu un réceptacle vide, il peut accueillir le prana à l’inspiration et au bout de douze respirations, il arrive souvent que la torsion devienne brimhana et reconstituante ; alors des émotions positives peuvent surgire. Chaque expérience est unique et pour certaines personnes, il peut être nécessaire de pratiquer les torsions deux à trois fois par semaine pendant un an avant d’obtenir cet effet (cela est arrivé à l’une de mes élèves).

La torsion draine les organes par un effet mécanique et les détoxifie.

I ) Explorer aussi ce moyen d’expression psychocorporelle

Explorer aussi ce moyen d’expression psychocorporelle que sont les postures, puisque chaque posture physique correspond à une émotion particulière. La réaliser sur son tapis en toute sécurité, en toute liberté permet de vivre l’émotion d’une façon nouvelle qui va déprogrammer les karmas négatifs et en créer de nouveaux positifs. Ainsi, la personne peut sortir des cercles vicieux engendrés par ses samskara et vasana pour aller vers une nouvelle attitude mentale face à la vie.

Par exemple la posture dite ‘’du guerrier’’, de Virabhadrasana, peut incarner le courage, la force, la confiance en soi ; elle induit des émotions positives de type brimhana. Une personne qui manque d’assurance, quant à elle-même, comblera cette déficience, en la pratiquant. Mimer une émotion avec son corps c’est l’exprimer par le langage émotionnel, et si cette émotion nous est devenue étrangère, nous nous la réapproprions ainsi. Le comédien qui, par le langage corporel, mime une émotion, la vit pleinement comme si c’était la sienne. Ainsi efface-t-il ses propres émotions et quand il revient à elles, elles ont alors perdu de leur teinte et de leur intensité.

J ) Apporter également de la stabilité corporelle

afin d’aider à stabiliser les émotions. Par exemple Virabhadrasana, la posture du héros, renforce les membres inférieurs et la région du bassin où siège la viscéralité et donne de la stabilité ; ce travail fortifie la colonne vertébrale. Le yogi s’approprie son corps, le consolide et gère plus facilement ses émotions. Cette action sur la colonne vertébrale va entraîner un renfort également psychologique du sujet et lui permettre de trouver son centre, évitant qu’il ne se perde dans les émotions. En se ramenant au souffle, au centre, les émotions sont là mais ne le déstabilisent pas trop. En maîtrisant son souffle, en se mobilisant vers son centre, les émotions, certes toujours présentes, ne parviendront pas à déstabiliser.

K ) Utiliser la bonne clef d’accès à la pratique du yoga

 En effet, la loi du karma définit les conséquences, positives ou négatives, engendrées, à plus ou moins long terme, lors d’un acte posé. Lorsque cet acte produit de la souffrance c’est parce qu’il a été initié sous l’emprise des Klesha (afflictions au nombre de cinq dans les yoga-sutra, que sont l’ignorance, nous l’avons dit, l’égo, le rejet, l’attachement, la peur, et qui sont venues troubler le mental, le psychisme et les émotions).

Ce texte religieux hindou, la Bhagavad Gita, contient une phrase qui est la clef pour comprendre comment gérer les émotions en restant dans l’esprit du yoga.

Chapitre IV 18 : « Celui qui voit l’inaction dans l’action et l’action dans l’inaction, est un sage parmi les hommes ; c’est un yogi. Il accomplit toutes les actions. », traduction de Sivananda. Plus avant, dans les commentaires de Sivananda, le lecteur découvrira ceci : « Si vous restez spectateur ou témoin silencieux des activités de la nature (gunas), si vous sentez que ‘’c’est la nature qui agit en toute chose'’ et que ‘’je ne suis pas celui qui accomplit l’action’’ ;  si vous vous identifiez au soi sans action, peu importe ce que vous faites ou la quantité de ce que vous produisez, l’action n’est plus une action du tout, l’action perd sa nature de lien. »

Exprimé en d’autres termes, cela revient à comprendre que l’action posée sans émotions n’induit aucun karma… C’est saisir, là, le pouvoir des émotions.

Le karma intervient lorsque l’action posée engendre des souffrances ou des plaisirs.

Que nous croyions ou non à la réincarnation, le karma est une réalité à l’échelle de notre vie, depuis notre naissance jusqu’à maintenant ou depuis plusieurs réincarnations jusqu’à maintenant. Une action posée sans émotion n’engendre pas de conséquence émotionnelle, elle reste neutre et de ce fait nous libère de ce qui nous lie à la terre, à la matière incarnée et qui, selon la philosophie indienne, nous lie à un corps que nous habitons et qui change de réincarnation en réincarnation, en nous maintenant sur cette terre. Les actes posés dans un état de trouble émotionnel, le sont rarement en toute lucidité et conduisent donc à des résultats différents, voire à l’opposé de ceux recherchés. Il est indispensable de pratiquer Svadhyaya (l’étude de soi) car c’est le moyen d’en prendre conscience, de vivre pleinement l’état de yoga et de rompre les cercles infernaux pour les transformer en cercles vertueux. C’est dans cet objectif que j’ai proposé à mes élèves de tenir un journal d’observations. Je les remercie pour leur participation active. Nous avons beaucoup échangé pour trouver une pratique adaptée à leur situation et leurs aspirations.

L ) Éviter les écueils du yoga

en prêtant une grande attention aux émotions rentrées et refoulées… Il arrive qu’un yogi confirmé enferme à l’intérieur de lui-même toutes ses émotions, comme dans une cocotte-minute ; puis un jour, pour une peccadille, explose…

Le yoga n’a pas vocation à effacer les émotions, ni à les enfouir sous le tapis, mais au contraire se doit de les révéler, les faire remonter à la surface du mental, les laisser vivre dans un espace protégé, qui peut être le tapis de yoga, au moment de sa pratique. Exercer le contrôle respiratoire peut modifier ce ressenti émotionnel et aider à vivre avec, car une émotion peut être invalidante et rendre une personne inapte à la vie. Ces deux situations peuvent se produire chez une même personne. Par exemple, une personne ayant perdu un être qui lui était cher (témoignage d’un élève) peut vivre dorénavant dans la peur perpétuelle de perdre ceux qu’elle aime ; elle peut, en même temps, bloquer ses émotions de colère car elle perçoit comme avilissant, le fait de se mettre au rang d’un animal en l’extériorisant …

Il est prôné partout que le yogi parfait, jamais, ne doit se mettre en colère ; mais tout est question de mots.

Dans la retraite de méditation vipassana, les instructeurs conseillent aux pratiquants de ne pas se satisfaire seulement de l’équanimité, mais de garder aussi, une certaine fermeté. Ils nous citent l’exemple du professeur SN Goenka qui se fâcha après une élève qui ne pratiquait pas avec assez d’assiduité. De l’extérieur il paraissait très en colère, mais cela ne dura pas. SN Goenka dit que vipassana, ne signifie pas se laisser ‘’couper en rondelles’’ et se satisfaire de cela en se répétant intérieurement, « c’est bien je suis restée dans l’équanimité, je n’ai pas réagi »…

Sans vouloir choquer, je prendrais l’exemple de Jésus-Christ en considérant qu’il était un yogi parfait et donc une personne inspirante. Il avait chassé les marchands du temple… dans une émotion de colère, semble-t-il…

Il existe, par ailleurs, l’exemple de Gandhi, qui était dans l’équanimité en toutes circonstances. Cependant, certaines personnes m’ont fait remarquer que ce calme cachait une forme de violence et qu’il y a la violence physique mais aussi la non-violence (physique) qui peut exercer d’autres formes de violence, symboliques…En fait, comme chez les enfants lorsque l’un d’entre eux se trouve envahi de colère parce qu’il s’est fait piéger par l’autre qui, de son côté, agit comme s’il n’en avait que faire, apparaît distancié et loin de l’animalité… Le calme, quand il est symbole d’indifférence, peut parfois apparaître comme plus violent à son interlocuteur, que la colère elle-même …

Et que signifie ce calme s’il se satisfait de la souffrance de l’autre… n’est-ce pas là une forme de colère sublimée et transformée…

N ) Suivre l’enseignement du Viniyoga

et son approche de la personne, car  pour affiner le travail sur les émotions par le yoga, la démarche individuelle est la voie royale. Il est possible ainsi de s’appuyer sur des observations précises et d’échanger avec l’élève, pour choisir, ensemble, une direction permettant d’adapter sa pratique à ses besoins. Les recommandations de Krishnamacharya et Desikachar sont de considérer les points suivants :

1 ) Delka bedha : la constitution (ayurvédique)

2 ) Desha bedha : le lieu (où habite l’élève)

3 ) Linga bedha : le sexe

4 ) Kala bedha : la saison (s’il fait chaud ou froid ce ne sera pas la même pratique)

5 ) Vayo : l’âge

6 ) Shakti : l’énergie (en terme ayurvédique, le prana (souffle vital), l’ojas (liquide vital immunitaire) et le feu (chaleur et éclat du regard) )

7) Marga : la demande

8 ) Vritti : la profession, l’activité (les postures intellectuelles et physiques que la profession induit)

J’y ajouterais également, qu’il est nécessaire d’observer le point A (où en est l'élève), le point B (où il veut aller) et qui est déjà présent dans marga, les problèmes mécaniques des articulations et du dos, les pathologies, les douleurs, les opérations éventuelles, l'émotion dominante du jour, de l'enfance, et en général celle du moment. L'enseignant essaie d’être comme un réceptacle vide qui sait recevoir, écouter l’élève et transmettre, se  faire comprendre, guider sans blesser, reconnaître ses erreurs, en cas, par exemple, d’envoi dans une mauvaise direction. Laisser parler l’élève, lui accorder le temps nécessaire pour cela, accueillir ses paroles, lui laisser le droit de pleurer et d’exprimer ses émotions, tenter d’avoir du tact, ne pas juger, sont des attitudes indispensables pour rester dans le respect sincère de l’élève.

Une fois déterminés les besoins de l’élève, il est plus aisé de répondre à sa demande, de donner plus d’harmonie au psychisme, aux émotions, en installant un cadre pacifiant, qui respecte sa nature, tout en le guidant vers un équilibre qui lui est naturel. Svadhyaya, l’étude de soi est fondamentale pour entreprendre ce travail. Avec une pratique de yoga, de méditation ou de chant védique il est possible de modifier cet équilibre et de rééquilibrer les dosha (les éléments constitutifs de sa nature), d’aplanir la surface de l’eau, de clarifier le mental… C’est en tenant compte de tous ces critères que j’ai entrepris cette étude.

O ) Trouver la posture et le souffle juste

via sthira sukham (YS) ; voilà ce qui différencie le yoga de la gymnastique. Pour cela, la posture doit être ferme et aisée. Tout l’art du yoga réside dans cet équilibre du juste effort. C’est ce qui va le mieux permettre de gérer les émotions. Apprendre à les contrôler tout en lâchant prise, c’est précisément ce que j’ai expérimenté avec le yoga pour me sortir des problèmes de dos chroniques qui m’empêchaient de rester assise, allongée ou debout plus de cinq minutes sans avoir des douleurs très vives, en apprivoisant la colère qui surgissait à chaque mouvement que j’essayais de faire et s’en trouvait arrêté par cette douleur. Trouver le souffle juste, installer la posture en liaison. Lâcher un peu plus chaque fois pour obtenir, dans l’instant, une efficience du geste, jusqu’à ce que les choses se modifient petit à petit. Il n’y a pas un élève à qui je n’ai pas cherché à transmettre cet état d’esprit qui change le fonctionnement du mental et qui rend la vie beaucoup plus facile. Il s’agit de mettre en place des choses pour changer la situation ou la façon dont elle est abordée, et ensuite d'accepter d’abandonner le fruit des résultats, car c’est ce qui conduit au développement de la personne qui devient enfin elle-même.

Je me souviens d’une élève qui avait eu un accident. Elle croyait que tout était perdu tant ses capacités étaient réduites. Elle a toutefois repris goût à la vie avec ce travail, puis elle est partie vers une nouvelle voie, dans laquelle elle a réussi à transformer cette expérience particulière en un enrichissement de sa personnalité ; cela lui a donné force et   stabilité.

P ) Avoir la foi et croire

qu’il est possible de changer la situation avec le yoga, car cela revient à s’unir à sa lumière intérieure. Toutes les blessures émotionnelles peuvent se guérir avec la lumière du cœur. Il n’y a pas de yoga sans religion du cœur. Le yoga sans religion du cœur serait comme une musique sans âme. Je comprends le mot ‘’religion’’, non dans le sens de re-ligare, se relier, à une croyance ou à une foi ou à un dogme, mais dans celui, plus ancien, de relegare, signifiant cueillir, recueillir dans une attitude scrupuleuse. Les Upanishad du yoga, les Yoga Sutra et la littérature du yoga en général, se réfèrent constamment à cette lumière, cet espace, cette grotte secrète du cœur, cœur yogique, qui se situe au milieu du thorax et qui s’ouvre sur l’espace infini du cosmos et de l’univers, à l’âme du monde. Dans un sens plus large, il est un lieu pour se relier à son Soi, à l’atman de l’univers et à l’ensemble des êtres qui le peuplent…

La bhakti yoga fait appel à cette faculté qu’a l’être humain de se relier à l’infini et de sortir de la prison de l’égo pour devenir lui-même et vivre sa vraie spiritualité qui est félicité, joie sans cause, connaissance et existence. Il existe des moments de grâce où chacun peut expérimenter la plénitude de cette conscience de l’harmonie en nous et autour de nous. Qui ne s’est pas arrêté devant un coucher du soleil pour se laisser absorber par le spectacle de ses dernières flammes… Ceci est la vraie méditation et s’apparente à une prière qui connecte la personne à quelque chose de plus vaste, capable de lui donner des révélations et d’élargir sa conscience sur la réalité qui l’entoure et qu’il vit. Le chant védique est la partie du yoga intégral qui permet de pratiquer le mieux la bhakti yoga, le yoga du cœur. Elle représente la voie la plus directe pour aller vers l’état de méditation.

Chacun peut pratiquer le yoga, en croyant ou non en Dieu, en étant, soit hindou, bouddhiste, chrétien ou musulman, ou même athée, peu-importe. Le yoga n’est pas une religion au sens usuel du terme, mais il permet de se relier à sa lumière intérieure et de ce fait, il nous relie aux autres et à l’univers qui nous entoure. Sa pratique est une expérience spirituelle qui modifie les états émotionnels. Celles du chant védique et des mantras ont un pouvoir immense ; leur méditation parle directement à notre inconscient.

Grâce à la conviction que met le yogi dans sa pratique, le yoga permet de modifier le déroulement habituel de ses pensées grâce aux objets de concentration sur les pensées positives, les mantras (protection du mental), les drishti (points de concentration), les bhavana, ou tout simplement sur la conscience corporelle ou sur le souffle, grâce aux exercices de contrôle respiratoire et à la prise de posture (contractions et étirements musculaires dans un contexte émotionnel positif) harmonisée justement avec le souffle.

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passage bientôt en ligne

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Conclusion

Comme il est écrit dans les Yoga-Sutra, l’instructeur n’est pas responsable de ce que l’élève fait de ce qu’on lui donne, mais chacun est responsable du travail qu’il fait sur lui-même. Je ne peux pas rendre compte de tous les suivis dans le cadre de ce mémoire car je devrais écrire un mémoire de plus d’une centaine de pages pour le faire…

L’ayurvéda fait entrer en ligne de compte la nature propre de l’enfant qui est en nous, le caractère unique de chaque personne… nous avons une nature qui prend son origine au moment de la conception et nous passons notre temps tout au long de la vie à osciller autour de cet équilibre, à chaque fois que nous en éloignons trop nous tombons dans des émotions de souffrance, soit corporelles, soit psychiques. Ceci nous donne une plus grande liberté de comprendre que nous ne sommes pas tous pareils et encore moins égaux. Certains sont plus sensibles et plus vulnérables, mais ils sont aussi plus intuitifs et plus diplomates. D’autres sont plus stables et plus solide, mais ils s’adaptent difficilement aux situations et ne comprennent pas toujours assez vites les choses, d’autres ont de la vigueur et de l’énergie et comprennent facilement par des raisonnements ingénieux cependant ils s’énervent vite et deviennent facilement intolérants avec les autres en croyant détenir la vérité. Nous avons tous les qualités de nos défauts et il est intéressant d’essayer de se placer dans des situations où on peut transformer nos défauts en qualité. Les personnalités sont infinies et diverses, l’ayurvéda nous apprend à les accepter. Et de ce fait à comprendre l’autre, que l’autre ne fonctionne pas comme nous à cause de sa nature propre (sa constitution ayurvédique, ses doshas) et aussi à cause de ses expériences (vasana ou samskara dans le yoga, Vrikritti dans l’ayurvéda). Ce qui sera facile pour l’un sera difficile pour l’autre et vice-versa. Cette compréhension permet de devenir plus tolérant et d’accepter la différence, parce que l’autre ne fonctionne pas comme nous.

Il est difficile de synthétiser toutes ces informations. Chaque personne étant unique, une solution, elle aussi unique est donc à adapter à chaque fois. Il est ainsi impossible de conclure à aucune loi générale à cause des traces émotionnelles qui sont propres à chacun.

Les pensées et les émotions sont intimement liées. Les Yoga-sûtra et la pratique du yoga nous le font comprendre. Il existe une chimie corporelle qui induit des types de pensées et d’émotions. En observant attentivement le fonctionnement du mental, nous pouvons remarquer que certaines pensées viennent lorsque certaines émotions sont actives, tout comme à l’inverse, certaines émotions surgissent lorsqu’un certain type de pensées est présent. Tout cela a une incidence sur le corps et sur les sensations qu’il reçoit. Parfois les émotions se logent dans le corps et induisent des tensions musculaires ou de véritables maladies, allant de souffrances psychosomatiques à des maladies plus graves comme le cancer…

Le yoga aide à purifier le mental et de ce fait nettoie les émotions négatives. Ainsi, est-il possible de revivre, sur le tapis, des émotions refoulées pour s’en libérer ensuite ou tout simplement les atténuer au fur et à mesure des pratiques. Tout dépend cependant de l’intensité de l’émotion, de son degré de gravité et de ce que le yoga vient toucher en nous. Lorsqu’un événement négatif nous arrive, même si nous l’oublions, une ambiance émotionnelle s’installe et un type d’émotion peut surgir (soi-disant pour d’autres raisons…) et c’est alors que le mental prend parfois le relais par le biais de pensées qui, à leur tour, viennent nourrir ce type d’émotion. La pratique du yoga met en lumière ces mécanismes. Le yoga est à la fois un chemin vers la méditation et une forme de méditation, la 7e étape de l’ashtanga yoga (les huit étapes du yoga des Yoga-sûtra). Les émotions sont des rasa, des parfums intérieurs, des musiques d’ambiance pour le mental et le psychisme. Elles induisent des pensées qui les entretiennent, d’où l’utilité de la pratique du yoga et de la lecture de tous les textes qui nous aident à réfléchir sur nous-mêmes, pour tenter de changer de perspective, pour voir les choses sous un autre angle. Ces pratiques offrent l’attention nécessaire et le goût à écouter l’autre, à écouter les autres, comme un réceptacle vide, prêt à tout accueillir et comprendre, comme sous le regard neuf d’un enfant qui ne sait rien.

.............................. Les autres pages de ce mémoire seront publiées sur le site dans les prochaines semaines................

Catherine Douat, Espace Yoga et Ressourcement, Angers Cours de Yoga, 2 square La Fayette Angers

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